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L’Oreille Qui Traîne : suite

Par domino • 14 mai, 2009 • Catégorie: Actualité, Culture, Focus

Compte rendu du débat qui s’est tenu mardi dernier, avec différents acteurs culturels rouennais.

Vous qui vous intéressez à ce charmant débat dont les lignes, de vos mains écrites , remplissent les pages de ce blog depuis quelques jours, vous avez sans doute remarqué l’invitation informelle lancée par Yann Dintcheff, manager rouennais et organisateur de concerts, pour débattre en choeur, et en vrai, de ce vaste sujet.

mai 11th, 2009 at 9:09
J’ai posté un comment sur son myspace l’invitant (Julien Lenormand,ndlr) à passer à une table ronde … éventuellement à l’Espiguette parce que ce le café y est bon.
(…)
mai 11th, 2009 at 15:13
Rdv 15h30 demain à l’Espiguette

Si le café y est bon, alors, rendez-vous est pris.

Mardi 12 mai, à heure dite, une dizaine d’acteurs rouennais des musiques actuelles étaient présents, d’abord pour apporter leur soutien à Julien Lenormand, le responsable culturel de l’Oreille Qui traîne, et surtout pour partager leurs préoccupations concernant l’avenir de cette scène, et sa place dans le réseau culturel rouennais.
“C’est un lieu qui a toujours soutenu les artistes locaux, un lieu où l’on peut vraiment s’essayer, prendre des risques” lance Alexis Campart, du label Imperial Bedroom, qui avait plusieurs concerts de prévus à la MJC, avec l’asso Too much fish in the sea.
C’est aussi une véritable fabrique artistique, où s’exercent les futurs musiciens des grandes salles. ” Si à peine 20% de nos groupes sont déjà dans des circuits pros avant d’arriver à l’Oreille, nombreux sont ceux qui se retrouvent sur de plus grandes scènes par la suite. Toutes les premières parties des concerts du 106 Club sont passées par la place des Faïenciers avant le Quai Jean de Bétancourt, et les 5 finalistes des pré-selections Haute Normandie du Printemps de Bourges édition 2009 ont tous joué chez nous” poursuit Julien Lenormand.

Un véritable vivier qui ne saurait s’estomper avec l’arrivée du 106, c’est du moins ce que s’accordent à dire les buveurs de café du mardi après-midi, y compris Jean-Christophe Aplincourt, directeur de la future SMAC (Scène de Musiques Actuelles), qui avait fait le déplacement.
” Une fois le 106 ouvert, la dynamique créée par notre offre va contribuer à développer le public rouennais, et la base de la pyramide s’élargissant, le haut va grandir aussi : il y aura de plus en plus de groupes et de projets autour des musiques actuelles à Rouen. Nous serons soumis à des contraintes réglementaires qui ne nous permettrons pas d’absorber tout le viver de musiciens qui va se développer. Il est donc essentiel que des lieux de différentes échelles perdurent.”
Un point de vue entièrement partagé par Phillipe Ferney, directeur de la MJC, absent lors du débat, mais joint par téléphone : ” Le 106 est un projet complémentaire du notre. A l’Oreille, on expérimente, tandis qu’au 106, même s’il y aura des studios d’enregistrement et des salles de répétition, l’activité sera plus axée autour de la diffusion”

Pour Alexis Campart c’est une évidence : “L’existence de la MJC, mais aussi de bars en ville comme le Shari Vari permet d’avoir une bonne graduation pour les groupes. Tu fais une ou 2 dates au Shari, ensuite tu demandes une résidence à la MJC, et avec un peu de chance tu finis au 106.”


Jean-Christophe Aplincourt, Yann Dinntchev, Eléonore Beaumont.

Un lieu qui a donc su trouver sa place auprès des groupes, mais aussi publics, grâce au travail de longue haleine de Julien Lenormand. Depuis 6 ans, il propose un accueil, un lieu de résidence aux artistes locaux. Cirque, théâtre, musique, sous toutes ses formes, l’accueil se veut éclectique, au moins autant que les publics visés.
Et puis l’Oreille c’est aussi des concerts pas cher, un bar itou, un accueil au poil pour les artistes, à qui sont fournis le catering (repas), l’éclairage, l’ingé son, de superbes loges etc.
Bref, l’Oreille est un lieu fort utile et qui plus est fort sympa.

Mais un lieu devenu nettement moins sympa depuis que des petits gars sont venus mettre le bronx, contraignant Julien Lenormand, usé par les menaces et le comportement de ce non-public, à partir en arrêt maladie pendant un mois, et à fermer l’Oreille Qui Traine jusqu’à fin juin, annulant une dizaine de concerts.
” Mon rôle fondamental à l’Oreille, c’est de faire de l’animation culturelle, explique Julien Lenormand. A la MJC, on propose 60 activités différentes, 25 associations travaillent ici. Nous n’avons pas le rôle d’éducateur, pas plus que celui d’assurer la sécurité des locaux. Cette tâche auprès des non-publics était devenue prédominante et m’empêchait d’assurer mes fonctions habituelles au sein de cette équipe. ”


Julien Lenormand

Pour Philippe Ferney aussi l’ambiance était devenue invivable. Mais il en parle au passé, affirmant que ces bandes se sont désormais nettement assagies. Ne serait-ce pas l’effet dissuasif du personnel de sécurité recruté pour les 2 derniers concerts qui ont eu lieu à l’Oreille ? Non, selon lui, c’est avant tout le contact répété avec ces jeunes qui aurait fait entendre raison à une partie d’entre eux.
Pour prolonger ce contact, il envisage maintenant de mettre en place à la MJC de nouvelles activités, qui leur seraient plus spécifiquement adressées, et ce dès la rentrée 2009.

Quant à l’Oreille, il sera peut-être temps selon lui de réduire la voilure : “Rien n’est fixé, mais on réfléchit à avoir un rythme moins soutenu de concerts l’année prochaine. Quoiqu’il en soit, je veux à tout prix garder l’Oreille Qui Traîne. Elle est essentielle au sein du projet de la MJC. Je suis tout à fait prêt à la défendre en mairie, et d’ailleurs, Bruno Bertheuil (adjoint au Maire de Rouen en charge de la Jeunesse, ndlr) avec qui je suis en contact rapproché ces-jours-ci, m’a assuré que c’était également le souhait de la municipalité de voir perdurer ce lieu.”

Mais pour que l’Oreille perdure, il lui faudra aussi un réel soutien financier. Son parc de matériel est vieillissant, et aura besoin d’être renouvelé prochainement. Les partenaires institutionnels sont attendus sur ce point, tant par Philippe Ferney que par Julien Lenormand.

En attendant les décisions institutionnelles, les acteurs culturels locaux de resteront sûrement pas les bras croisés. Des bénévoles et des associations culturelles entendent écrire une lettre pour manifester la solidarité du réseau, et leur inquiétude quant à la fermeture momentanée de cette salle.

Et enfin notez que toutes les autres activités de la MJC continuent normalement.


Les bénévoles de la MJC présents lors du débat

Et des liens vers les structures citées :

L’Oreille Qui Traîne
Site de la MJC
Le 106
Le Shari Vari
Imperial bedroom
Two much fish in the sea

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13 Réponses »

  1. Eh bien, toute cette petite histoire aura au moins eu le bénéfice d’assombrir quelques zones lumineuses pour mieux éclaircir quelques zones d’ombre.

    Pas très importante sur la forme, mais, à la volée, assez intéressante dans le fond politiquement parlant! Merci à Domino tv, qui pour le coup s’est rendu audacieuse sans le savoir, sans le vouloir sûrement! 8-)

    Cordialement,

  2. Phillipe Ferney, directeur de la MJC, absent lors du débat, mais joint par téléphone : ” Le 106 est un projet complémentaire du notre. A l’Oreille, on expérimente, tandis qu’au 106, même s’il y aura des studios d’enregistrement et des salles de répétition, l’activité sera plus axée autour de la diffusion”

    A te lire, on peut craindre à plus ou moins long terme la disparition d’une petite scène ouverte pour le rock. Qu’est ce que ça veut dire “on expérimente”? Tu veux faire venir Magma? Tout comme au bon vieux temps?

  3. Les musiciens Rouennais pourront se passer de la MJC pour jouer. Les lieux de nuit ouvrent et ferment, ça a toujours été comme ça…

    Combien de temps vous donnez:
    1/ le Kalif?
    2/ le Bateau Ivre?
    3/ HDR?

    Ce serait quand m dommage de fermer parce qu’il n’y avait pas trop de voisins finalement aux alentours.

  4. Rouen la belle endormie. Pris entre la loi anti-bruit et autre charte de la vie nocturne, les lieux de concerts sont menacés de fermeture.

    Les municipalités sont tentés de claquer la dose de fric pour de grandes boums en plein air mais pas forcément sans savoir où ils vont.

    La complémentarité pour les nuls, ça sort quand?

  5. esscuz les fautes, je voulais dire:

    Les municipalités sont tentés de claquer la dose de fric pour de grandes boums en plein air mais pas forcément d’investir là où elles devraient.

    La MJC c’était bien. Le fctnnmt de l’Oreille qui traîne ça coûte peanuts (ou presque).
    C’est bien que JCA dise publiquement: “Nous serons soumis à des contraintes réglementaires qui ne nous permettrons pas d’absorber tout le viver de musiciens qui va se développer. Il est donc essentiel que des lieux de différentes échelles perdurent.”

    La complémentarité pour les nuls, ça sort quand? Il serait bon d’en parler avant que lze 106 ouvre parce que en deux ans, il peut se passer bien des choses.

    Jusqu’à présent aux groupes, ils leur fallait: un local de répet avec une clé, des lieux pour jouer et mettre un peu de rond de côté pour se payer du studio.

    C’était comme ça, il y a dix ans et ça reste de mise.
    Demandez aux Tahiti 80

  6. Yann, à ton premier message :

    Si j’ai repris dans mon article le terme précis employé par Philippe Ferney, “expérimente”, c’est que je le trouvais assez clair. Expérimenter, c’est faire des expériences, non ? Monter des projets avec des amateurs, sans savoir vraiment où l’on va mais en fonçant quand même, faire des paris sur de jeunes artistes, essayer, prendre le temps… C’est la définition que fait de ce lieu son directeur, mais aussi Julien Julien Lenormand, comme tu l’as toi même entendu mardi.

    Audrey, domino tv

  7. “Pris entre la loi anti-bruit et autre charte de la vie nocturne, les lieux de concerts sont menacés de fermeture.”

    Cela n’a quasi rien à voir… Et les bars concernés, c’est moins de 10% à parier. Si les lieux de concerts sont menacés de fermeture, c’est pour des raisons bien moins banales que celle de l’endormissement de Rouen ou du tapage nocturne. Ne soyons pas naïfs non plus…

    Il y a “le garage” aussi qui propose une scène. Aussi simple soit-elle!

  8. Ah la muzik, la muzik…
    Dans vos débats à venir, n’oubliez pas que la MJC accueille un ensemble d’activités, d’intervenants, de personnes qui sont également concernées par les difficultés dénoncées à juste titre par Julien Lenormand. Ce n’est pas la salle de concert, ni la programmation qui doit faire face, c’est la structure toute entière. Félicitons-nous du courage de J. L. Et évitons s’il vous plaît de circonscrire cette réflexion aux seuls enjeux de la scène musicale locale. Cela frise l’indécence.

  9. Tout ça pour ça… Beaucoup de bruits, de passion(s) et de malhonnêteté intellectuelle autour de ce “drame”… Et Yann, ne mélange pas tout: ne confonds pas les problèmes de la MJC et l’animation de la Ville. Après 22 h, je te mets au défi de trouver des villes où “ça bouge”. A part Panam’, c’est une erreur de penser que ça bouge à Lyon, Rennes, Toulouse, Nantes ou Bordeaux… Mais c’est tellement convenu de dire qu’il ne se passe rien à Rouen

  10. c dommage de se cacher derrière un pseudo pour accuser les autres de malhonnêteté intellectuelle… m’enfin!

    Et oui, ça bouge un peu plus à Rennes (que je connais bien pour y avoir aussi vécu). Je connais moins bien les autres villes.

    Moi, je trouve que la fermeture de l’Oreille qui Traîne serait préjudiciable à la ville, au public qui va voir des petits concerts, aux musiciens. Ces derniers sont nombreux à Rouen. Certains sortent des disques, font des concerts ailleurs, font parler de la ville à l’extérieur…

    C’est dommage de la part de la municipalité de ne pas plus soutenir la scène locale.
    Les Terrasses du jeudi, c’est une invention bling bling d’un bureau de com’ pour Albertini… J’ai bossé (avec Volume) pour eux l’année des Terrasses où furent programmés Tahiti 80, V. Delerm, Steeple Remove, Mister Lab…

    Je n’ai pas une approche misérabiliste du rock made in Rouen. Bien au contraire!
    Depuis Les Olivensteins et les Dogs, c’est avec Paris la seule ville en France qui compte vraiment.

    Je dis juste qu’il faut être vigilant et savoir rappeler de tps à autres la nécessaire complémentarité de ts ces lieux qui dans l’ombre offrent des services indispensables aux musiciens.

    Je dis aussi que la smac future est une chance pour l’agglo à condition d’être un lieu structurant qui puisse fctnner avec les autres lieux qe st les salles de répet, les studios d’enregistrements, les radios, etc…

    Apparemment, j’en ai déjà trop dis et… c’est mal.
    Je regrette d’avoir dit chapipi-chapito au lieu de club 106. Ca n’arrivera plus.
    Maintenant je ferme définitivement ma gueule. Ciao bye bye

  11. … “Malhonnêteté intellectuelle”!?! Malhonnêteté tout court! Hum!..

  12. Muzik muzik muzik

  13. Yann a raison, il parle d’expérience.
    Les jeunes ont été tolérés par utopie ou parce qu’on a cru que la bonne volonté et la tolérance pouvait régler tous les problèmes du monde. La MJC n’est pas une jambe de bois du système actuellement en faillite.
    Cette salle doit vivre, plus que comme une expérimentation, elle a prouvé son utilité. La scène musicale rouennaise n’a pas la place qu’elle mérite.Il reste du travail à effectuer.
    Rouen qui se veut capitale n’en prend pas le chemin, et si la jeunesse se détourne de la cause que défendent certains, il ne restera plus que des héritiers d’un Rouen centré sur la rive droite.

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